Le Jardin des délices à 360

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LE JARDIN DES DELICES A 360 à découvrir sur nouvoson

Un film produit par Calm
Sur une création sonore de Radio France nouvOson
Création visuelle et réalisation : Eve Ramboz
Création sonore : Vincent Munsch
D’après Le Jardin des délices, de Jérôme Bosch.

Ce projet est le fruit d’une rencontre entre le designer sonore Vincent Munsch, vainqueur du Grand Prix de création multicanale nouvOson organisé chaque année par Radio France, et Eve Ramboz, réalisatrice. A cette lecture sonore du célèbre triptyque de Bosch proposé par Vincent Munsch, Radio France a souhaité associer Eve Ramboz, très imprégnée de l’oeuvre de Bosch, pour la partie animation visuelle.

L’intention des artistes

Vincent Munsch, designer sonore :

Entrer dans un jardin c’est faire une expérience sensorielle et en éprouver physiquement l’espace. Sons, couleurs, rythme, formes, goûts, odeurs et toucher. Ma création sonore est une invitation à voyager au cœur du Jardin des délices de Jérôme Bosch. Le peintre a positionné son jardin au centre d’un triptyque avec de part et d’autre le paradis terrestre et l’enfer mais mon œil de promeneur est indiscipliné. Flâneur, il va et vient à sa guise, cherchant peut-être à échapper à une vision manichéenne ou moralisatrice : le visiteur prend ainsi un autre chemin que celui qui est communément admis.
Le son multicanal nous permet ici de faire une véritable immersion. Fouler l’herbe verte du paradis ou se retrouver au centre d’une machine de torture : l’orientation se fait à l’oreille grâce aux sons disposés autour de nous.
Je vous propose une vision personnelle et intime de l’œuvre de Jérôme Bosch. Et en jouant sur le contraste entre les sons réalistes et abstraits, je cherche à faire cheminer l’auditeur à l’intérieur du tableau tout en lui laissant une part d’imaginaire libre.

Vincent Munsch est un créateur sonore. Les plateaux de théâtre qu’il fréquente en tant que comédien depuis treize ans aiguisent son sens de la dramaturgie, du rythme et de l’espace.

Artiste curieux et protéiforme, il croise les disciplines et entremêle les univers les plus variés. La matière sonore s’impose de plus en plus dans son parcours, et  il décide de se former à l’INA pour y trouver les connaissances techniques qui lui manquent. La démocratisation du son multicanal lui offre de nouveaux territoires de narration dans lesquels son goût pour l’espace peut s’épanouir pleinement.

Aujourd’hui, il créé pour la radio et le théâtre tout en mettant ses compétences techniques en prise de son et mixage au service des musiciens et des productions auiovisuelles.

Eve Ramboz, réalisatrice :

Il y a bien sûr et d’abord le tableau de Jérôme Bosch que l’on n’embrasse pas du premier regard mais dont les scènes de petits personnages nus que vous pourriez prendre dans la main, vous happent inexorablement vers un imaginaire si particulier.
Au centre trois taches bleues : un chardon bleu, un cercle bleu surmonté d’un grand corps liquide. Quel est cet Homme allongé qui rêve, masqué par la nature, tour à tour paysage et symbole d’un nouvel être qui s’annonce.
Près du chardon qui symbolise la couronne d’épine, un oiseau : un chardonneret. On raconte qu’il se serait piqué pour absorber la souffrance du Christ et c’est la raison pour laquelle sa tête a la couleur du sang.
Il y a ensuite le son de Vincent Munsch, d’abord lisse mais qui donne une structure dans laquelle on se glisse : l’enfer est au centre, la lourde respiration du triptyque central à la sortie comme un jaillissement vers la liberté. Partout les oiseaux mènent la danse.
A ce monde aérien, nulle eau. L’image sera aquatique.
Et l’image aura plusieurs lectures : une lecture horizontale, évocatrice, qui dialogue avec ses contemporains : (Ils s’appellent Durer, Vinci ou encore Copernic) et une lecture verticale, métaphorique, qui dialogue avec l’histoire de l’humanité : les scènes d’horreurs aujourd’hui s’arrêtent à Lampedusa … et combien d’autres encore qui nous laissent impuissants ici, ailleurs et autre part ?
Quel pouvoir de consolation nous donne cette oeuvre, quelle folie à l’image, quel grincement à l’oreille qui suspend le temps. Hier est Aujourd’hui.
Ce que nous cherchons nous crève les yeux : la Renaissance d’hier face à la dépression d’aujourd’hui.
Nous sommes au royaume des aveugles : la multiplicité nous brouille le regard, l’anecdote nous empêche de saisir l’ensemble.
La fuite est toujours dans l’histoire, pas la grande avec une grand H, la petite : celle qui commence et qui finit. La littérature et la poésie. Les larmes d’Ophélie forment des rivières.
Le monde se renverse dans un tiraillement d’entrailles. Seule la nuit.

Eva Ramboz est auteur et réalisatrice.
Après des études aux Beaux-Arts en Norvège puis en Belgique, elle  travaille dans le monde entier (Japon, Etats-Unis, Europe). Elle se consacre à la réalisation et la supervision d’effets visuels numériques pour le Cinéma et la Publicité. Au cinéma elle a notamment collaboré avec Peter Greenaway pour Prospero’s book, Les morts de la Seine et M is for Man, Music, Mozart, ainsi qu’avec beaucoup d’autres  réalisateurs  tels que, Steve Barron, Roland Joffé, Brian de Palma, Fina Torres …
Eve Ramboz conçoit et réalise des court métrages  d’art tels que L’excision de la pierre de folie, L’Escamoteur, E.I, Lumière, Métamorphose, film d’art sur les travaux du Grand Louvre.
Elle fait partie des membres fondateurs de La Maison, société dédiée aux effets visuels où elle exerce ses activités.

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